Hommage à Jean-Boris Anastassiévitch

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Sculpteur et graveur, Jean-Boris Anastassiévitch est né le 17 février 1926 à Seyssuel (Isère, France). Il expose pour la première fois à Lyon en 1946, où il a fait ses études (classiques) et les Beaux-Arts. Il rencontre un an plus tard à Paris le sculpteur Ossip Zadkine, dont il devient l’élève. Le quitte en 1953 pour Belgrade (Yougoslavie), où il séjourne jusqu’en 1968, date de son retour en France.
Un parcours artistique à découvrir
à travers 60 photographies
et, ci-dessous, 60 ans de coupures de presse
« Le Tout Lyon »,
Lyon 17 mai 1946

À propos de « L’exposition de la première Chance » de Boris Anastassiévitch et de Denis Massador à la Galerie R. Roger, 28 rue de la République à Lyon en janvier 1946. Exposition qui a fait scandale par « sa nouveauté, son étrangeté » et a été prolongée tout le mois au lieu des huit jours prévus.

« La première chance de ces jeunes peintres sera sans doute dans une réflexion plus grande et une modestie plus légitime. Mais comment ne pas sentir la nécessité de leur provocation dans notre ville si léthargiquement exprimée. »

« Anastassiévitch paraît mal inspiré lorsqu’il veut raconter
sa vision surréaliste, mais il a des accents plus justes,
certainement empruntés à son âme slave, lorsqu’il parcourt, non sans courage, le domaine illimité de l’abstraction. »

« Moins affirmé, Denis Massador semble perdu dans le
labyrinthe de la peinture moderne. Une petite toile largement synthétisée, quoique superficiellement composée, lui indique le sens le plus valable de son action. ».
René Deroudille
« Borba »,
Belgrade 6 décembre 1953

« Ayant vécu et fait ses études en France,
Boris Anastassiévitch nous apporte certains aspects de la sculpture de ce pays. Son exposition (à Belgrade) est la
première de ce genre en Yougoslavie et ne rappelle en rien ce qui a été créé ici… Le jeune sculpteur apporte un souffle nouveau et des horizons plus vastes aux possibilités de la sculpture. Cela ne peut que nous réjouir. »
« Anastassiévitch possède des connaissances qui, dans le cadre d’un art contemporain, le plus moderne, n’est pas chose courante… »
« Il a le mérite de nous présenter ses conceptions avec
hardiesse et clarté, sans hésitation, comme peu de
sculpteurs l’ont fait. C’est peut-être là son talent le plus
précieux. ».
Aleksa Celelonovic
« Narodni List »,
Zagreb, 15 décembre 1953

« Les œuvres de Boris Anastassiévitch sont le fruit d’une poésie harmonieuse, plus précisément d’une pensée
élégante. Son sérieux dans la réalisation, sa capacité de fixer les formes, la clarté, l’élaboration des formes et son élan de la conception créatrice, produise une profonde impression… »

« Les surfaces sont synthétisées dans des plans plats et arêtes aiguës tandis que l’espace entre eux est engagé dans un mouvement de volumes développés. Ces volumes ont été construits avec un sentiment précis du poids et de la matière et avec un savoir qui ne laisse place à aucune hésitation dans l’espacement des détails… ».
Radoslav Putar
Revue « Panorama », Rijeka 31 mars 1954

« Autres bijoux de sculpture : les deux œuvres de Boris Anastassiévitch. Il nous présente un “Nu” et une délicieuse “Femme à bicyclette”, sculptures qui, indépendamment
de l’ambiance futuriste qu’elles évoquent à nos yeux,
sont chargées, surtout la deuxième, d’une vitalité
exceptionnelle… ».
ST
« La Voce del Popolo », Rijeka 12 mars 1954

« Nous trouvons des conceptions plus modérées,
mais toujours de tendance abstraite, chez Autun Augustincic, Ivan Kozaric, Kosta Angeli-Radovani, Olga Jancic,
Boris Anastassiévitch et bien d’autres encore. »

« La stylisation des plans et les réductions volumétriques effectuées par ces sculpteurs ont entièrement renouvelé les valeurs plastiques, compromettant parfois leur authenticité. »

« Nombre d’entre eux, en effet, suivaient dans le passé un chemin différent, dont le niveau de perfection les avait rendus très célèbres. Par exemple, Bakic, sculpteur des héros
légendaires, effectue maintenant des synthèses assez conventionnelles, égarant ainsi son tempérament artistique dans des stylisations scolastiques ; Angeli-Radovani s’inspire de la sculpture archaïque étrusque, croyant être original alors qu’il imite Romanelli ; Olga Jancic suit ses traces, peut-être avec un style un peu plus rude. »

« Boris Anastassiévitch, dans son “Nu”, est plus convaincant que les autres au niveau de l’abstraction volumétrique.
Dans “La cycliste”, il atteint, par ses plans creux et convexes,
l’unité de composition d’un Archipenko. ».
Romolo Venucci
« Les Nouvelles Yougoslaves »,
Belgrade-Paris 6 février 1955

« Avec un esprit rationnel et une imagination intelligente et impassible, Boris Anastassiévitch ordonne savamment ses plans et ses volumes dans l’espace, faisant toujours allusion à un thème pris dans la vie réelle. ».
Olga Jevric
« Le phare égyptien », Alexandrie 2 août 1955

À propos de la « Première biennale internationale d’Alexandrie et de la sculpture » (1955) au pavillon Yougoslave.
« Anastassiévitch Boris est un exemple sérieux de
cubiste analytique. “Le coq” est savamment composé,
les plans sont organisés selon un rythme formel aux
rappels heureux. ».
Aimé Azar
« NIN »
Belgrade, 10 avril 1955

« La principale qualité de la sculpture de Boris Anastassiévitch consiste dans son insistance sur l’aspect plastique et non imitatif. Un objet réel n’est jamais un but
en soi : il est toujours essentiellement transposé, suivant
l’exigence d’un impératif intérieur qui tend vers un rythme harmonieux et strict des plans, exprimé jusqu’au bout.
Des plans clairs, géométriquement déterminés, une
architecture solide des masses, prouvent indubitablement une personnalité artistique cartésienne… »
« Dans cet art existe une suprématie du rationnel sur
l’émotionnel. Il s’agit naturellement d’un accent et non de l’existence d’un facteur et de la non-existence d’un autre
facteur. Cet échange d’équilibre entre le facteur émotionnel et le facteur sensitif, d’un côté, et le facteur intellectuel de l’autre, est sans doute chez Boris Anastassiévitch, et chez certains autres jeunes artistes, le signe d’un processus lent, historiquement inéluctable, de réorientation de notre
sculpture. ».
Miodrag B. Protic
Belgrade, avril 1955

À propos de l’exposition Boris Anastassiévitch à la galerie « Graficki Kolektiv » à Belgrade du 1er au 10 avril 1955.
« Arrivant de France dans le pays de ces aïeux au printemps 1953, Boris Anastassiévitch avait derrière lui plusieurs années passées à l’atelier de Ossip Zadkine à Paris. »

« Un métier basé sur la précision de l’observation et la
sûreté du trait, et un contact suivi avec l’un des maîtres dont la vigueur et la liberté de conception ont donné un nouvel aspect à la sculpture en Europe, ont été, pour Boris Anastassiévitch, il me semble, les facteurs décisifs dans sa formation et le mûrissement de ses capacités. »

« Si sa première exposition à Belgrade, en décembre 1953, présenta de purs problèmes de sculpture, hétérogènes dans une certaine mesure, mais toujours très clairement définis, cette présente exposition donne l’expression d’un nouveau style. Boris Anastassiévitch montrait déjà qu’il recherchait ses propres solutions d’architecture basées sur des
expériences contemporaines dans la définition du volume et de l’espace. Ses rythmes correspondaient visiblement au sentiment d’une continuité calme, en contraste avec
l’inattendu et le momentané. »
« Ces mêmes qualités s’expriment mieux encore par ses
dernières œuvres, tant sculptures que gravures… Restant
fidèle à sa formation, il trouve un lien à la vie avec laquelle
il participe. Après une période d’essai, de recherches et de volonté, on pourrait parler aujourd’hui de poésie, dans des formes simples et denses. ».
Aleksa Celebonovic
« Mladost »,
Belgrade 19 décembre 1956

« En concentrant son attention en premier lieu sur les
rapports entre l’espace et la valeur plastique d’une sculpture, Anastassiévitch reste fidèle à ses conceptions artistiques selon lesquelles ce qui est primordial, c’est la forme, qu’elle soit liée ou non à un objet concret. Dans le cadre de ses conceptions, il a déjà créé un style, mais pas un style au sens de “manière” mais un style vital, qui témoigne d’un esprit de suite, clair et non hypothéqué de verbalisme. ».
Zoran Popovic
« Knjizevne Novine », Belgrade 23 décembre 1956

« Le corps et les objets dans la sculpture moderne, ne sont pas simplement transposés, mais l’espace est introduit dans la figure tandis que le volume et les creux des masses
transparentes sont composés dans un équilibre de l’espace. Ainsi sont nées des figures perforées dans les ateliers de Zadkine, de Laurens, de Moore, et aussi de Boris Anastassiévitch et de certains autres jeunes sculpteurs qui ont nié le caractère statique de la structure et tenté de
réaliser l’unité entre l’extérieur et l’intérieur. C’est pourquoi les œuvres d’Anastassiévitch sembleront étranges à ceux qui restent attachés à la représentation classique de la beauté. »

« Les œuvres d’Anastassiévitch méritent notre attention.
La mesure, l’équilibre, une pensée hardie et une nouvelle
harmonie dissonante sont les éléments dont il se sert pour créer. Cette conception est rationnelle, c’est une musique
cérébrale, et il n’est pas étonnant que les tons, les couleurs et les sons qu’il aime, aient été réalisés par Villon et Braque, Racine et Lautréamont, Vivaldi et Bach. Étant donné que les peintres cubistes ont opté pour le tableau et non pour l’objet, Boris Anastassiévitch réalise un tableau plastique et non pas un objet réel de la nature. ».
Oto Bihalji-Merin
« Politika »,
Belgrade décembre 1956

« De tous nos jeunes sculpteurs, Anastassiévitch est, semble-t-il, le plus fidèle aux conceptions plastiques modernes. Sa fidélité ne consiste pas simplement dans
l’acceptation d’un style ou d’une manière, mais elle consiste tout autant dans l’intensification de ce qui fut son point de départ, c’est-à-dire une active curiosité de recherche,
indéniable chez lui, qui ne soucie pas de plaire ou non ».

« Anastassiévitch a réussi ce qui semble être le plus facile, mais qui est en réalité le plus ardu, c’est-à-dire de sortir du cadre du conventionnel sans rompre ce fil ténu et décisif qui relie une ancienne conception avec une nouvelle conception dans quelque chose qui se nomme tradition. ».
M. Kolaric
Radio Capodistria,
émission en langue italienne,
« Lettre de Belgrade »,
(N° 21) avril 1955

« Si vous voulez en savoir plus, vous n’avez qu’à prendre le train de Belgrade. Dans cette ville, peut-être rencontrerez-vous encore Henri Moore, avec ses 57 ans partiellement masqués par un visage distrait, la main gauche dans la poche et un front assez haut, s’élargissant vers des cheveux fatigués. »

« Quant à moi, je crois que j’en ai assez dit, n’ayant ni le temps ni la prétention de parler davantage. D’autant plus que comme l’a fait Moore, il me faut visiter les nombreuses
expositions d’art qui se tiennent à Belgrade. Pour le moment, je peux vous accompagner dans cet endroit intime qu’est le Graficki Kolektiv, où expose un de mes jeunes amis.
Il présente des sculptures et des gravures, en noir et blanc ou en couleur. Je précise, car vous ne pourriez jamais le
deviner, qu’il s’agit de Boris Anastassiévitch : non pas un jeune, mais un très jeune »

« Et que personne ne crie au scandale, sous prétexte que c’est un sacrilège de mettre Anastassiévitch sur le même plan que Moore. Ce dernier a déjà sa place dans le monde de l’art moderne et personne ne va la lui ravir. Raison de plus pour s’intéresser aux nouvelles énergies et aux jeunes
ferments, qui risquent de révéler, un jour, celui qui remplacera Moore ou Marini et exprimera quelque chose de neuf et de grand. Revenons donc à Boris Anastassiévitch, qui est venu à Belgrade, terre de ses ancêtres, il y a tout juste deux ans, après avoir vécu une adolescence difficile à Paris. Dans cette ville, il a travaillé en tant qu’héliograveur, tout en fréquentant l’atelier d’Ossip Zadkine. Un véritable maître, dont l’œuvre pleine de vigueur et de liberté a donné un nouveau souffle à la sculpture européenne. »

« Aleksa Celebonovic, un des plus célèbres critiques d’art yougoslaves, affirme que l’œuvre de Boris trouve ses racines dans les difficultés même de la vie Parisienne, partagée entre l’effort d’apprendre un maximum de choses, le travail
quotidien de graveur et l’école du grand sculpteur Ossip Zadkine. Les principaux ingrédients de sa formation et de sa
maturation ont donc été : un métier basé essentiellement sur l’acuité du regard et la précision du trait : la fréquentation du grand maître. »
« Boris Anastassiévitch avait déjà exposé à Belgrade en décembre 1953 : cette agréable exposition personnelle
mettait en relief des problèmes de sculpture pure, clairement définis mais assez hétérogènes, en raison de la complexité même de la recherche. Elle révélait également l’expression d’un style nouveau. Selon les mots de Celebonovic, Boris montrait déjà qu’il était à la recherche de solutions
architecturales personnelles, fondées sur des expériences
contemporaines au niveau de la définition du volume et de l’espace. Ses rythmes correspondaient visiblement au
sentiment d’une calme continuité, en contraste avec
l’inattendu et le momentané. »
« C’est ainsi que le jugeait le spécialiste, le critique d’art.
Le profane, sans rien savoir de tout cela, apercevait néanmoins des rythmes de plans et d’espaces, de surfaces conquises par la volute d’une forme sculpturale ou par la circonvolution d’une composition ; sans chercher à en connaître les raisons, il ressentait une jouissance, un consensus et un
assouvissement sentimental. Ainsi surgit à nouveau la question de l’art et de son contact avec l’humain et la réalité. »
« Spontanément, on se demande : puisque Boris Anastassiévitch présente des problèmes purs de sculpture et des recherches formelles, pour quelles raisons ses œuvres satisfont-elles l’œil, le goût et le sentiment du profane ? Autrement dit, en quoi consiste l’élément humain, réel, de ces sculptures, qui arrivent à émouvoir même l’homme
de la rue ? »

« On pourrait répondre qu’il est faux de rechercher le
réalisme dans l’évidence du lien avec la réalité dont l’artiste s’inspire La réalité humaine, en effet, se compose d’une
infinité d’éléments, qui la rendent beaucoup plus complexe qu’on ne le croit et pratiquement insaisissable. »

« Dans l’exposition actuelle, les œuvres de Boris Anastassiévitch donnent une impression de plus grand
achèvement en ce qui concerne la définition des problèmes et des solutions trouvées. Le problème du sculpteur a perdu son côté littéraire et cérébral ; les solutions envisagées étant désormais devenues un moyen, et non seulement un idéal formel, on a l’impression qu’elles s’imprègnent beaucoup plus facilement de poésie. D’aucuns pourraient ajouter que cela est dû au fait que Boris s’inspire maintenant du
milieu ethnique yougoslave, qu’il a doublé les problèmes
formels d’un contenu sentimental concret, suscité par les thèmes du milieu géographique et humain qui l’entoure depuis deux ans. »

« Certes cela a contribué à lui faciliter le chemin. Reste cependant le fait que ses œuvres sculptées, de même que ses réalisations graphiques, gardent leurs valeurs intrinsèques, sont valables par elles-mêmes, indépendamment du thème qui leur a servi de prétexte. »

« En d’autres termes : vous vous arrêtez devant une sculpture de Boris ; vous ressentez une émotion provoquée par la valeur des rythmes, par la solution des plans sculpturaux et par la densité ascendante et spatiale de la construction
architecturale. Vous ne connaissez pas encore le titre de l’œuvre, ou plutôt le thème qui lui a fourni la matière prétexte : l’œuvre vous émeut donc pour ses valeurs artistiques,
indépendamment du sujet traité et de l’intention de l’artiste. Cela signifie que notre réalité humaine est formée d’une
infinité d’éléments, parfois difficiles à percevoir et à définir.
Et vous vous apercevez que l’artiste a continué de suivre,
de façon fidèle et cohérente, le chemin qu’il a emprunté depuis longtemps. »

« Puis vous vous penchez, vous lisez un de ses titres, par exemple : « Posniaca » ou bien « Chant populaire », et votre émotion s’enrichit de nouveaux éléments, dont la signification est plus aisée pour les profanes »

« Qu’est-ce que cela signifie ? À mon avis, cela signifie que la sculpture de Boris Anastassiévitch est un événement
artistique substantiel en soi et que le lien avec le nouveau milieu concret n’a fait qu’y ajouter une certaine densité et une plus grande facilité de compréhension générale. »

« Mais mon discours devient un peu long et flou. De toute façon, il n’est qu’une déclaration d’admiration et de
sympathie pour l’œuvre de ce jeune sculpteur qui, sans avoir le nom et la personnalité du grand Moore, vous enveloppe dans les volutes de la jouissance et de l’émotion. »

« J’aurais sans doute mieux fait de m’en tenir à cette
déclaration, sans prétendre expliquer les raisons profondes, et sans nul doute humaines (car nous sommes tous des hommes, appartenant à une certaine réalité humaine), qui nous poussent à admirer les œuvres exposées
et à les apprécier. »

« Et d’ajouter, une fois encore, que les thèmes du milieu
yougoslave ont trouvé une nouvelle expression poétique dans l’œuvre de Boris Anastassiévitch ».
Eros Sequi
« Bildende Kunst »,
Berlin, Heft avril 1956

« Tout comme il y a un siècle les générations s’inspiraient de la lumière et du mouvement, puis après le début de notre siècle du style expressif, c’est maintenant la recherche du
primaire, de la plus simple définition plastique des choses et de l’espace qui les animent. »
« Il me semble que la nouvelle génération ne recherche pas une nucléarisation chaotique, qu’elle ne désire pas un monde déchiré et démembré, mais un ensemble, fût-il synthétique, créé à partir du subconscient et de réalisme, de rêves et d’humanité. C’est de cela dont parle le sentiment maternel des êtres humains que façonne le cubiste
Boris Anastassiévitch ».
Oto Bihalji-Merin
« Mlada Kultura », Belgrade 1959

« Boris Anastassiévitch est connu du public en tant que
créateur ayant une conception intéressante de la forme… Bien qu’il parte d’un motif déterminé, il ne s’attarde pas à sa
description, mais vers une explication spiritualisée,
transposant et stylisant la matière qu’il modèle, en ne
conservant que des liens associatifs avec le thème qui lui a servi de point de départ. »

« Une bonne composition, un rapport bien trouvé entre masses et plans, rythme et élégance de la forme, telles sont les caractéristiques des œuvres d’Anastassiévitch. »

« En cherchant son moyen d’expression personnel dans la sculpture, Boris Anastassiévitch a trouvé un style, pas un style dans le sens de manière, mais une façon vitale et
dynamique de s’exprimer, qui nous permet de toujours
reconnaître l’artiste, bien qu’il ne se soit pas enfermé dans des moules et des graphismes pétrifiés ».
Zoran Popovic
« Boris Anastassiévitch est venu de France dans sa
27e année et avec une maîtrise totale du métier de sculpteur. Il était porteur d’une peu courante attestation de celui qui a été pendant de longues années son maître, Ossip Zadkine, attestation où l’on peut lire notamment : “ Il est très doué et a beaucoup de qualités pour devenir un des meilleurs
sculpteurs de sa génération… ”. Voilà des paroles lourdes de sens par lesquelles le Maître faisait à son élève l’obligation d’un travail sérieux et persévérant. »
« Pendant ces dix années passées à Belgrade,
Boris Anastassiévitch a créé une série d’œuvres et
d’esquisses riches de formes et de possibilités artistiques, traitées dans un esprit où les conceptions artistiques
ressortent nettement. »
« La diversité et l’esprit de suite qui sont chez lui un tout unique, confèrent à ses œuvres une qualité particulière. Pour s’en convaincre, il n’est point nécessaire d’avoir devant soi des monuments réels. Les esquisses et les sculptures de grandeur moyenne révèlent à l’observateur intéressé toutes les qualités que possède chacune d’entre elles, ainsi que la signification qui émane de leur continuité. Qu’il nous suffise de mentionner des contraires aussi extrêmes du point de vue de la technique que les formes massives de “l’Homme dans la Cathédrale”, les espaces éthérés du “Miroir aux Alouettes” ou du “Grand Orphée”, et les surfaces à deux dimensions de “Kosovo” et de “L’insurrection”. Nous constatons cependant qu’entre ces deux extrêmes nous pouvons situer une série de solutions de l’espace et de formes de surfaces et de vides, ainsi que la capacité de l’artiste de nous faire sentir le
mouvement et le repos. »

« Nous aurons constaté que l’œuvre accomplie jusqu’ici par le sculpteur révèle d’amples possibilités d’expression et
d’application. »

« Nous ne saurions trop souligner l’importance du fait que Boris Anastassiévitch a su assurer la continuité de son style dans des techniques aussi diverses. »

« Peut-être pourrions-nous parler, devant chaque œuvre, des liens qui la rapprochent des diverses sources de la pensée sculpturale actuelle, et qui mènent le plus souvent au
cubisme et à ses suites. Pourtant, il importe beaucoup plus de dégager ce qui les unit et les détache de l’ambiance
environnante. En effet, ce sculpteur pense selon un mode qui lui est propre, un mode sculptural pur. Tous ces thèmes, qui ne le sont d’ailleurs pas, le plus souvent, au sens littéral du mot, émanent d’une seule et même préoccupation : servir de base à la découverte de la définition de l’espace. Aussi,
donner des noms à chacune des œuvres ne présente que peu d’importance. L’essentiel, ce sont les rapports des masses, le sens du mouvement, ou la suggestion de
l’agencement de l’ambiance. La répartition du poids,
son élévation ou son annihilement. »

« De cette façon, Boris Anastassiévitch résoud, dans son domaine, les problèmes qui préoccupent aussi l’architecture moderne. Si nous comparons le “Cygne” de 1955, né du heurt d’un mouvement circulaire horizontal et d’une
aspiration à l’élévation verticale, et “L’oiseau” de 1963, dont les ailes repliées divisent l’espace par des plans qui
convergent en un système imaginaire de coordonnées, mais qui demeurent plus étroitement liés au thème, nous aurons une idée de sa conception du monde. Ici, l’abstrait ne diffère pas du réel. Dans les façons d’aborder les objets,
Boris Anastassiévitch cherche et trouve uniquement ce qui relève du domaine précis de son art, ou, plus exactement, de la mission qu’il doit assumer par la logique même de la forme. C’est en cela que nous voyons le sens profond de cette sculpture et son rôle dans notre vie artistique. ».
Aleksa Celebonovic, avril 1964
Agence France presse, Paris 16 avril 1969

AFP012
Vernissage des sculptures de Boris Anastassiévitch.
Paris, 16 avril (AFP)
« Très doué, pourrait devenir par ses qualités un des meilleurs sculpteurs de sa génération » avait écrit il y a dix ans Zadkine au sujet de son élève Boris Anastassiévitch. Celui-ci, après plusieurs années passées à l’étranger, revient à Paris où il expose ses sculptures, à la Galerie de l’université, constituées d’étain et de fer soudé, ses œuvres abstraites révèlent aussi bien les formes massives de L’Homme dans la cathédrale que les espaces éthérés du Miroir aux alouettes. »

AFP GV S22 00.41
« Les Lettres Françaises », Paris, 30 avril 1969

« Excellente exposition à la galerie de l’université à Paris d’un groupe de six sculpteurs dont plusieurs déjà bien connus des amateurs et des critiques, Condé, Gette, Andolfatto, Delfo, Gérard Voisin et Anastassiévitch. Ce
dernier, notamment, formule dans le plâtre ou le métal des rythmes très sensibles et animés. ».
Denys Chevalier
« Le Figaro Littéraire », Paris 25 et 25 mai 1970

« Petits Formats de Douze Sculpteurs », galerie de l’Université, Paris.
« Quelles que soient les directions que lui impriment les
surenchères d’un art soucieux de surprises, la Sculpture se retrouve toujours dans la fourchette forme-pensée, qu’elle soit monumentale et cyclopéenne ou bien réduite au rang de bibelot où elle peut alors revendiquer le statut honorable de maquette. »

« Les petits formats de ces douze sculpteurs donnent ici un intéressant raccourci de ce que l’on place aujourd’hui sous le vocable de statuaire, que ce soient les hélices cuivrées d’Anastassiévitch, ou les semble-bijoux de Dietrich Mohr, les approches d’un visage solaire de Renée Vautier ou les “demeures” lourdement géométriques de Tiné. Avec ce
“Pas de deux” tout bleu, Margo se souvient des pudiques pariades chères à Matisse tandis que Delfo ne craint pas de prendre l’espace à contre-pied. N’oublions pas les objets otages de Charlet, Fachard, Féraud, Gette, Guino et Patkai, qui rivalisent de conceptions comme aussi de matériaux dans ce léger salon de sculpture qui devrait rallier des amateurs aussi curieux que difficiles. ».
Frédéric Mégret
« Les Lettres Française » Paris, 7 avril 1971

« Grands et jeunes d’aujourd’hui », les Halles, Paris 1971
« L’un des grands mérites des organisateurs de Grands et jeunes d’aujourd’hui est d’avoir compris qu’un salon devait restreindre le nombre de ses participants, quel que soit du reste le local, afin de ne pas fatiguer l’œil du spectateur, et pour que toutes les œuvres puissent être mises en valeur parce qu’y respirant librement »

« En 1971, plus de 50 artistes, sur les 268 participants, ce qui n’est pas négligeable, font la qualité du salon ».

« Dans la section Sculptures, Condé, Cupsa et Pillet sont les vedettes, après eux, Anastassiévitch, Galtis, Guzman, Nérot, Nikos, Gina Pane, Chriyssa, Sanchez, Marino di Téana, et Marcel Van Thienen… ».
Henry Galy-Carles
« Les Lettres Française », Paris 29 mars 1972

« Structures Ouvertes », Galerie de l’Université, Paris.
« Avec une très belle exposition groupant quelques
excellents sculpteurs ayant évolué vers un langage non
figuratif parmi lesquels Albert Féraud, Boris Anastassiévitch, Dietrich Mohr, Erwin Patkai, Michel Quino, Natalino Andolfatto, Robert Fachard, la Galerie de l’Université vient d’inaugurer un Centre de Sculpture contemporaine. Boris Anastassiévitch utilise l’altuglas pour compartimenter
l’espace. Ce matériau plastique est traité en éléments courbes qui projettent des rythmes amples, élancés dont l’équilibre est assuré par une sorte d’armature en cuivre ou en polystyrène… ».
Denys Chevalier
« Les Lettres Française », Paris 14 juin 1972

« 24e Salon de la Jeune Sculpture »
« Pour la première fois, les Jardins de l’Unesco se sont ouverts aux jeunes sculpteurs et nous nous en réjouissons tous. Comment trouver, en effet, un meilleur cadre que cette esplanade aux vastes dimensions où se détachent
l’impeccable ensemble architectural de Breuer, Nervi et Zehrfuss, le mobile de Calder, la statue de Moore,
la céramique murale de Miro, alors qu’au loin se profilent les lignes élancées de la Tour Eiffel. »

« Les œuvres exposées se déploient harmonieusement le long des allées ou s’étalent confortablement sur une petite herbe toute verte… »

« Il me paraît tout aussi impossible de classer les artistes par tendance étant donné l’individualisme de chacun qui donne à toutes œuvres son originalité propre. Une description qui s’organisera en fonction des matériaux employés est donc préférable. Cependant, les matériaux les plus modernes dont les ressources sont loin d’être épuisées sont les matières plastiques et les résines synthétiques… C’est ainsi qu’un nouveau vocabulaire s’est créé qui s’oriente soit vers des concepts s’inscrivant dans un espace architectural (Anastassiévitch, Badord, Barta, Brigaud, Condé, Erb, Katzourakis, Margo, Olivier-Descamps) soit vers des
représentations, formelles ou non, de grands rythmes
dynamiques… ».
Marie-Claude Volfin
Catalogue expression privée,
rue Bassano, Champs-Élysées, Paris 1974

« Une sculpture comme celle de Boris, dont le principal objectif est de suggérer, sinon restituer, le mouvement, implique l’abandon de la masse compacte de matière et de son opacité. Cette masse alors se creuse, se tord ou se
distend, en s’allégeant, tandis que le vide (volume négatif en quelque sorte) introduit l’espace à l’intérieur de la forme
globale. Or l’espace est le lieu dans les limites duquel
s’inscrit la durée du mouvement. »
« Rien de surprenant, par conséquent, à ce que le sculpteur, en décomposant l’ensemble des surfaces qui habillent son volume, non par le biais des fonctions circulaires comme ce serait le cas s’il s’agissait de calculs mathématiques
délibérés mais par le simple jeu de sa sensibilité plastique, débouche sur des résultats en tout point comparables, à ceux qu’il aurait obtenus par l’usage de la trigonométrie classique. D’où ces constructions par triangles additionnés,
superposés, juxtaposés, voire opposés, que singularise une écriture presque exclusivement à base de courbes, oves, spires ou torsades. »

« Par ailleurs, de même que tout mouvement, dans son expression, implique le vide, il indique encore chez celui qui en poursuit la formulation, en dépit parfois d’évidentes
préoccupations architecturales; Un certain penchant vers le baroque, sa liberté et sa fantaisie mêmes tempérées par la discipline des structures. Et si motivés techniquement que soit l’emploi des différents matériaux élus par l’artiste :
l’altuglas pour sa transparence et ses reflets, le cuivre pour sa malléabilité et son aspect chaleureux ainsi que l’acier pour la rigueur qu’il exige, il n’en reste pas moins, cet emploi, essentiellement conditionné pa al grande option primitive
fondamentale : l’architecte du mouvement ».
Denys Chevalier, 1974
Agence France presse,
Paris 10 octobre 1974

AFP042
« Les sculptures de Boris Anastassiévitch »
« Les rubans métalliques, les plaques d’acier peint, les feuilles d’altuglas qui composent les éléments des reliefs de Boris Anastassiévitch (Galerie de l’université, 52 rue Bassano) s’effilent comme des voiles, se tordent pour former des spires dont le graphisme soutenu évoque la tenue d’une ligne mélodique. Art rigoureux, sans hésitation qui s’exprime avec la force d’un coup-de-poing. L’air circule, joue entre ces vagues d’acier dont les ombres projetées accentuent encore la forme. Le noir, la transparence de l’altuglas fumé mais aussi un rouge tonique expriment ces formes, qui semblent naître d’un même point idéal. Ces reliefs appellent les plans architecturaux et un espace plus monumental que les murs d’une galerie. »

« Boris Anastassiévitch, ancien élève de Zadkine, a trouvé un langage qui ne doit rien au cubisme de son maître ; sa rigueur et son graphisme personnel, qui distinguent ses envois aux grands salons parisiens (La jeune sculpture, Grands et jeunes d’aujourd’hui) évoluent vers des formes plus droites – aux fleurs épanouies succéderont peut-être des fleurs encore fermées- mais l’art d’Anastassiévitch restera toujours léger, limpide et transparante. »
AFP LG 03.06
« Le Figaro »,
11 octobre 1974

« Le sculpteur Boris Anastassiévitch, grâce à la transparence de l’altuglas et à la souplesse du cuivre, joue avec les
mouvements, répartit avec équilibre les vides. Le sculpteur, qui a travaillé avec Zadkine et Dietrich Mohr, donne ici une belle leçon de maîtrise. ».
Sabine Marchand
« L’Aurore »,
Paris 31 octobre 1974

« En altuglas fumé, acier peint, noir, orange, les sculptures d’Anastassiévitch (ancien élève de Zadkine), ne sont que
spirales qui s’envolent, s‘enroulent, se croisent, élégantes et fières. Les formes aux arêtes vives sont tendues au
maximum, la lumière joue à travers l’altuglas, s’y reflète
allégrement, passe par les creux, les vides ».
« Anastassiévitch fait une “sculpture-vérité” Une sculpture qui rejoint l’architecture, une sculpture qui est mouvement et devrait être exécutée d’une façon monumentale pour prendre sa vraie dimension ».
Monique Dittière
« Les sculptures de Jean-Boris Anastassiévitch sont des labyrinthes dont tous les tours et détours sont visibles à l’œil nu mais qui, cependant, demeurent inexplicables. Leur secret est dans la main du sculpteur, un peu comme chez ces illusionnistes qui nous livrent leurs tours sans que pour autant nous puissions les imiter. »
« Mais ces arabesques élégantes de matière translucide ne sont pas un jeu gratuit : la décoration n’y entre même pour aucune part. Elles sont le résultat d’un travail qui s’étale sur plus de trente années et qui pourrait se résumer par cette phrase : la prise de conscience des pouvoirs de la lumière, de l’espace et de la matière, en un mot, d’une forme… »
« Boris Anastassiévitch découvre dans les nouveaux
matériaux le moyen le plus apte à capter les lumières les plus évolutives et à les faire jouer au cœur d’un espace indéfini. En quelque sorte, d’une forme fixe réaliser un objet
esthétiquement aléatoire »
« D’où ces formes que l’œil ne peut appréhender en totalité et qui, pourtant, s’imposent comme des objets finis. L’objet s’impose par l’aventure qu’il décrit mais aussi par la part de rêve que peut y ajouter celui qui le regarde. L’œuvre est
d’autant plus envoûtante qu’elle tend à une simplicité plus grande. Et s’il fallait, pour aller vite, définir d’un terme approximatif, la sculpture de Jean-Boris Anastassiévitch, nous pourrions dire qu’elle représente une sorte de
hié