Je ne m’attendais pas que la France – Paris – deviendrait mon pays, et partagerait, dans mon cœur, la place occupé depuis toujours par mon pays natale, les Etats-Unis.

Je suis venu à Paris avec une Bourse Fulbright pour un an. Avec le passage des mois, desquelles j’avais exclu, délibérément ou par hasard, l’Anglais, j’ai découvert mon affinité avec le « french way of life ». C’était presque la même sensation que de mettre un vieux vêtement : chaud, familier, et confortable. L’attention donnée aux détails, que ce soit aux fruits et légumes ou aux relations personnelles, accompagné par l’exigence constante d’être précise et concise, a créé en moi un sens d’être, d’existence qu’au paravent je ne me suis pas rendu compte d’en avoir un tel besoin. C’était devenu vital pour moi ! Mon séjour s’est prolongé par le renouvellement de ma bourse Fulbright, et je me suis trouvé en train de prendre des dispositions – trouver un atelier permanente par exemple – dont je ne pouvais que l’interpréter que comme une démonstration de mon intention d’y faire ma vie.

Le « french way of life » avec son activité intellectuelle aigue reste pour moi une source inépuisable de stimulation et de croissance personnelle. La fraîcheur de ce grande surprise, d’avoir découvert un endroit où j’avais déjà laissé une empreinte a mon insu, ne m’a jamais quittée. De m’y insérer peu à peu dans ces contours est devenue le travail de ma vie.

Caroline Lee, sculpteur